Les 6 raisons pour lesquels les gens ne quittent pas un travail qu’ils n’aiment pas

5 06 2018

De nombreux articles fleurissent sur les raisons qui devraient vous amener à quitter votre job. Pourtant malgré un climat propice à l’épanouissement au travail et à l’entrepreneuriat, faible est le nombre des personnes qui sautent le pas. Alors intéressons-nous plutôt à ce qui fait qu’on ne part pas.

Quelle autre raison que le salaire nous pousse à ne pas changer de job ?

 

Nous avons tous dans notre entourage des gens insatisfaits de leur poste. Selon certaines études, le taux des employés qui ne seraient pas activement engagés dans leur emploi dépasserait les 80%. Dans ce cas, comment expliquer que la grande majorité des gens acceptent leur sort sans sourciller ? Le salarié est-il masochiste ?

Tout d’abord clarifions deux points.

  • Premièrement, la seule vraie raison qui compte est le salaire. Point.
    Néanmoins, conscient du problème désengagement que cela provoque, certaines entreprises n’hésitent pas à proposer une prime à ceux qui ne se sentent plus en phase et souhaitent partir. C’est par exemple ce qu’a fait Amazon avec “The offer”.
  • Ensuite, nous ne parlons pas aujourd’hui de celui ou celle qui n’aime pas / peu son travail mais le considère comme un mal nécessaire qu’il accomplit parce que “il faut bien travailler”. Bien sûr, ce n’est pas tous les jours fun et épanouissant et iI est entendu qu’une grande partie de la population exerce un travail alimentaire et doit s’en contenter ce qui est éminemment respectable.

Non, notre réflexion porte plutôt sur ceux qui s’en plaignent à longueur de temps. Ils se sentent sous-évalués, sous-payés, leur manager est mauvais et surtout, ils jugent que c’est bien mieux ailleurs, bref ce que l’on résume par des salariés complètement désengagés ! Leur départ est même un sujet récurrent, agité à longueur de pause à la machine à café. Nous ne discuterons pas du bien fondé de leurs plaintes – de vraies souffrances au travail existent – mais bien des raisons qui les poussent à ne rien changer quand ils sont les premiers à dire qu’ils gagneraient plus dans une autre entreprise.

 

1 – Le risque fait peur

Surtout quand on est en couple, avec des enfants, des crédits maisons, voitures, etc.
L’humain est ainsi fait que l’inconnu lui semble effrayant et la crainte de perdre un confort qu’il a parfois mis longtemps à obtenir peut être paralysante.
Et pour ne pas aider, nous ne sommes pas faits pour le long terme. Nous sommes capables de faire un effort pour une récompense immédiate mais un gain plus lointain ne nous encourage pas à nous lancer. C’est pour la même raison qu’il est difficile de tenir un régime ou son abonnement à la salle de sport.

2 – Repartir en arrière

Changer de job, c’est devoir apprendre de nouvelles choses. Même en étant un cador dans votre domaine et à poste identique, vous devrez vous adapter à une nouvelle culture, de nouvelles normes, de nouveaux collègues, de nouveaux clients… Bref faire des efforts que vous ne faites plus aujourd’hui.

3 – Aimer se plaindre

Il faut bien le dire, râler est un sport dans lequel le Français a peu d’égal. Ca ne coûte pas grand-chose, ça défoule et donne un sujet de conversation alors souvent on ne s’en prive pas. Pour exemple, une étude Havas estime à 50% la quantité de salariés sur-évaluant leur charge de travail.

4 – La cage dorée

Au moment de partir, vous ne quittez pas seulement votre salaire mais aussi vos avantages (mutuelle, horaires aménagés, comité d’entreprise, conciergerie, actions/parts, matériel, ancienneté, avantages cadres, certains passe-droits tacites pour services rendus, etc.). Cette raison est particulièrement valable dans les grands groupes qui ont compris l’importances de ces privilèges pour retenir leurs meilleurs éléments, mais se multiplie dans les start-up. A cette liste peut aussi être ajoutée une perte de titre (chef, responsable, directeur…)

5 – Le regard des autres

Partir c’est devoir affronter les autres, ceux qui restent tout d’abord et qui ne manqueront pas de vous faire sentir au choix comme un déserteur ou quelqu’un de bien trop chanceux. Votre entourage ensuite, surtout si vous prenez un peu un risque. Vous entendez déjà “quand même quitter un travail alors qu’il y a tant de chômage…” et on ne parle pas du cas de la réorientation professionnelle (“c’était bien la peine de faire 8 ans d’études…”)

6 – Savoir ce que l’on veut

Passer chaque jour dans le même emploi enlève un poids, celui du choix. Choisir d’en partir, c’est devoir se poser des questions et définir ce qu’il y a de mieux pour vous. La vie de freelance vous fait rêver ? Ok, mais êtes-vous prêts à endurer les moments de peur à courir après les clients ? Chaque choix a son pendant : plus de temps pour vous ou plus de responsabilités ? Plus de salaire ou moins de pression ? etc.

BONUS : La peur d’avoir tort

On l’a dit, partir c’est faire un choix. C’est assumer sa décision à la face du monde avec le risque de se tromper. Et à n’en pas douter, certains n’attendront que ça pour se rappeler à votre bon souvenir.

Les raisons de rester sont donc souvent bien plus nombreuses que celles de partir et la solution la plus simple revient à ne pas bouger tout en se sentant insatisfait. Pour l’entreprise comme les salariés, il s’agit d’un véritable enjeu dont les conséquences (collaborateurs désengagés, mal-être, perte de compétitivité…) ont des répercussions importantes. Quant au remède, pour l’heure, il convient pour chacun de savoir ce qu’il attend de l’autre.

Photo by Juan Pablo Arenas from Pexels

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