Que retenir du baromètre « Talents : ce qu’ils attendent de leur emploi » ?

par | 30 03 2018

Après une première édition début 2016, The Boston Consulting Group (BCG), la Conférence des Grandes Ecoles (CGE) et Ipsos proposent une mise à jour de leur baromètre “Talents : ce qu’ils attendent de leur emploi”. Quels enseignements pouvons-nous tirer de celui-ci ?

Tout d’abord, il convient de préciser que ce baromètre s’est fait auprès d’étudiants et d’alumni volontaires et doit être pris pour ce qu’il est c’est-à-dire une consultation. Ensuite la proportion d’alumni (anciens élèves) est bien plus importante que lors de la première édition, par conséquent il est inutile de tenter de comparer les deux résultats. Le ratio étant de 1 680 étudiants pour 1 545 alumni.

Les questions tournaient autour de 3 thèmes : Les attentes à l’égard de la vie professionnelle, la place de l’économie sociale et solidaire et une nouveauté, le management idéal.

LA QUÊTE DU SENS AU TRAVAIL

Si les notions de sens et de valeurs semblent à la mode depuis plusieurs mois voir années, ce n’est pas ce baromètre qui va changer cette tendance. En effet, étudiant et alumni s’accordent sur l’importance de ces critères dans le choix de leur futur emploi. Ainsi, l’intérêt du poste, l’ambiance et les valeurs forment le trio de tête, rejoint par les responsabilités dans le cas des alumnis. De la même manière, avoir été utile, avoir innové et avoir permis à des personnes de se développer professionnellement sont les accomplissement les plus à même de rendre les répondants fiers.
Contrairement à une idée attendue, le fait de créer une entreprise ou d’avoir un poste à responsabilité n’arrivent qu’en 5ème et 6ème place, ce qui peut surprendre de la part d’une génération que l’on prompte à vouloir entreprendre.

Les talents se veulent aussi engagés, selon eux un travail utile étant d’abord un travail qui oeuvre pour l’intérêt général et l’environnement et l’éducation étant les deux premières causes sociale et solidaire pour lesquels ils pourraient souhaiter travailler. Néanmoins il est intéressant de remarquer que l’engagement associatif est bien plus prononcé chez les étudiants (56% contre 38%), les alumni étant sans doute rattrapés par leurs impératifs professionnels, notamment en début de carrière. Mais si être utile est considéré comme un prérequis dans le cadre de leur travail, ils sont 54% à penser que cela n’est pas incompatible avec une bonne rémunération.

LES GRANDS GROUPES ONT TOUJOURS LA COTE

Sans doute plus étonnant à l’heure de la Startup Nation, les grands groupes sont la priorité des étudiants – et à un niveau moindre des alumni – quand il s’agit de donner leur employeur idéal. “Seul ou à son compte” arrivant pour sa part en queue de peloton, mais dans des proportions très différentes (5% contre 19%). On peut imaginer que l’aspect rassurant du grand groupe que ce soit en termes d’équipements, salaires ou prestations, explique cette volonté en pour des personnes qui débutent au niveau professionnel. On retrouve d’ailleurs la volonté de responsabilités (vu plus haut) et exprimée par les alumni dans les scores obtenus par “travailler dans une petite entreprise” ou “créer la sienne”.

Le social, secteur attractif pour les étudiants

L’Économie Sociale et Solidaire (ESS) est toujours plébiscité par les élèves, puisqu’ils sont 70% à vouloir y faire un stage et 50% à vouloir y travailler. Il est pourtant nécessaire de relativiser ces résultats, en effet plus de la moitié déclare ne savoir que vaguement de quoi il s’agit. Les Alumni apparaissent eux bien plus informés (96%) et encore plus attirés puisque 2 sur 3 aimeraient travailler dans le secteur.

Ces tendances se confirment lorsqu’il est question des freins à s’engager dans l’ESS. Pour les uns c’est le manque de connaissance là où pour les autres la différence de salaires avec d’autres secteurs est rédhibitoire. Cette notion de rémunération n’est pour autant pas vue comme une priorité puisqu’elle arrive 10ème sur 16 critères proposés, cette fois encore c’est le sentiment de sens et d’utilité qui apparaît comme primordial. Il est aussi important de noter que si l’ESS attire autant, c’est que les répondants pensent que le management n’y est pas le même…

Un rejet du management directif

La question du management suscite elle beaucoup moins de débat, le management collaboratif est plébiscité à 59% là où le management directif n’est souhaité que dans 3% des réponses. Beaucoup plus surprenant, le management en autonomie ne fait pas recette puisqu’il ne récolte que 6% de souhaits.

Le manager est vu comme un fédérateur, sachant écouter et capable de motiver ses équipes notamment en partageant la vision. L’esprit d’innovation et le courage sont des qualités essentielles et l’ambition est finalement bien perçue, contrairement à l’autorité. On retrouve clairement des éléments déjà évoqués de changement dans notre relation au travail et cette notion de manager leader, chargé de faire progresser ses collaborateurs. La quête de sens a encore de beaux jours devant elle.

En ce qui concerne les attentes auprès de l’entreprise, si la flexibilité et l’évolution sont vues comme d’indispensables avantages d’une organisation, étudiants et alumni ne mordent pas à l’hameçon du “bonheur au travail” En effet, la présence d’un Chief Happiness officer, veillant au bien-être professionnel des salariés arrive bon dernier des initiatives indispensables. On ne vous cache pas que chez Kudify on s’en réjouit assez, mais cela sera l’occasion d’un autre post de blog.

Si la représentativité de ce baromètre ne peut lui donner valeur de sondage, ses enseignements n’en restent pas moins passionnants. Si besoin était, il confirme la volonté des plus jeunes populations de ne plus simplement occuper un travail mais de se sentir utiles et accomplis. Dans ce cadre, il est évident que l’Economie Sociale et Solidaire s’impose comme une alternative de choix.
Parallèlement à cette quête de sens, le rôle du manager est essentiel. Plus que jamais, la mutation est en marche, car si les managers sont globalement bien perçus, les compétences vues comme non acquises ou à développer telles que les soft skills restent nombreuses. Et c’est au prix de ces évolutions que se gèreront le collaborateurs de demain.

Principaux résultats de l’enquête « Talents : ce qu’ils attendent de leur emploi »

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